Mois de mars, comme tous les ans, mois des femmes initialisé par cette date symbolique du 8 mars.
L’Ecume du jour a inscrit dès son origine ses projets dans la lutte contre les discriminations et pour l’égalité des chances hommes/femmes. Cette préoccupation s’installe en transversal et fait partie de la culture du lieu.
La culture n’est pas en reste... Il est intéressant de mettre une femme créatrice au cœur de cette aventure et d’accompagner cette démarche avec une attention particulière. Expérimenter les émotions que les artistes contemporains nous proposent ! Pour beaucoup c’est une découverte, ça bouscule, c’est étrange ...
MARS 2011
Pour un autre regard
Une exposition de Catherine Ursin
MARS 2010
Asiles de corps
Une exposition de la vidéaste Camille Béquié
MARS 2009
Linges
Une exposition de Moniq Robert
"Le drap fut un objet magique dans mon enfance…
À cette époque, ma mère tenait un café-épicerie séparé par une série de présentoirs et une commande à tiroirs remplie de rubans, de fils et d’aiguilles. Fillette, il m’était facile de glisser mon petit corps derrière le meuble encombré de marchandises et de surprendre les conversations secrètes des adultes. Bien séparés étaient le côté des femmes et le côté des hommes. Les femmes parlaient beaucoup de leur sang et les hommes, souvent silencieux, buvaient obstinément des verres de rouge. Je pressentais que l’histoire était grave. La morphologie de ces gens correspondait rarement à leur sexe. Les femmes étaient costaudes et certains hommes peu vaillants voire délicats. Sans oser bouger, j’écoutais les confidences que je ne devais pas entendre mais avec la conviction de ne pas vraiment désobéir, persuadée de mon bon droit en quelque sorte. Ma mère, portant chaque jour un tablier blanc amidonné et passant légèrement d’un monde à l’autre m’apparaissait rédemptrice mais pas suffisamment pour me rassurer sur la douleur de ces gens. C’était trop rouge de part et d’autre de la commode aux rubans.
Le jour de la fête du village, mes parents tendaient des draps blancs sur les rayons de l’épicerie et sur les tables du café. La commode était déplacée, il n’y avait plus de séparation entre le monde des hommes et le monde des femmes. Exceptionnellement ils se mélangeaient. C’était au mois d’août à une époque où le soleil d été était toujours présent. J’ai le souvenir d’une pièce immaculée, inondée de lumière qu’aucune violence ne pouvait atteindre. Mais le soir, après la fête, les draps étaient tachés de vin rouge et de cendre. Quelques hommes ivres s’attardaient et si leur folie et leur déséquilibre me faisaient peur, je savais que le lendemain tout serait nettoyé car la fête durerait trois jours. Et, pendant ces trois jours, la blancheur et la lumière par les draps pourraient renaître.
Le drap fut l’objet sur lequel, enfant, je pus compter…."
MARS 2008
1000 façons de dire "je t’aime"
Une exposition de Laura Todoran
Les visiteurs pénétraient dans un espace ludique, complètement interactif et très facilement accessible à tous.
Les recherches de l’artiste se tournent essentiellement vers le pictogramme comme langage visuel.
Des centaines de cartes représentant des bouches dessinées à partir d’une phonétique, c’est-à-dire dans la forme d’un mouvement donné par la prononciation. De ces cartes, il fallait choisir un « je t’aime » donné par l’artiste dans une des langues du monde.
Nous avons pu sensibiliser les visiteurs, à travers cette interaction, à la richesse et à la diversité des langues, et valoriser la culture des personnes d’origine étrangère. Cette exposition a été très porteuse de rencontres et discussions interculturelles.
MARS 2007
Impression(s)
Une exposition de Leïla Brett
D’une double culture, algérienne et française, cette jeune plasticienne élabore un territoire austère et cependant fascinant, vidant avec patience des densités, pour mieux nous faire voir. Retirant avec minutie les blocs de bâtiments à petits coups de cutter des plans des sous quartier de Tokyo, pour ne laisser de cette ville tentaculaire que ses réseaux de circulation, dentelle de ville, ville en creux, nous laissant tomber dans la toile, dans le dessin, nous laissant dans la vibration.
Au cours de cette exposition, nous avons vu des femmes de culture du sud, Algérie, Maroc, Turquie, rêver devant les territoires blancs laissant passer comme on laisse passer la lumière, l’espace dans lequel nous sommes. La force de ce travail auprès des personnes non initiées s’est curieusement imposée. Certaines femmes ont pensé aux brodeuses, à la grande patience des femmes jouant avec les fils, gardant la même position face à l’ouvrage des heures durant.
Les tableaux dentelles de Leïla Brett ont séduit un public populaire. Les amoureux du geste bien fait, artisans et bricoleurs ont honoré la précision et par la même occasion se sont laissés aller au rêve, plongeant dans la blancheur et le vide des territoires proposé par l’artiste.
Dans son travail, Leïla Brett aime à utiliser et à organiser des matières simples, à les rendre (infra)visibles, à en dégager une fragilité qui leur est propre.
Le papier est un des principaux supports. Qu’il soit adhésif et transpercé ou embossé, bouffant ou de piètre qualité. Qu’il soit présent dans sa matière brute ou qu’il ne soit qu’un simple support d’écriture. Leïla aime aussi utiliser la matière lumineuse ou sonore, en l’associant avec une installation écrite ou graphique. Elle délimite l’espace. Elle enveloppe le regardeur ou le rejette, elle le contraint à la réaction puis à l’attention.
A consulter absolument, le site web de Leïla Brett est assez déroutant de prime abord. En effet, seuls les plus curieux sachant effleurer ses idées à l’aide de la souris arriveront à en comprendre le sens caché - mais là nous en avons déjà trop dit :
MARS 2006
Angèle Etoundi Essamba
Cette femme photographe camerounaise vit à Amsterdam. Son travail est orienté principalement sur la mise en valeur de la femme noire. Ses photos de très grands format, d’une très grande rigueur technique, transpose une énergie, capte le mouvement, met en scène le corps majestueux.
Angèle Etoundi Essamba a été nommé par l’Unesco comme invitée d’honneur pour représenter la femme artiste du 8 mars. Cette élection est d’une importance capitale dans un parcours artistique. Simultanément, elle était présente à l’Ecume du Jour, et était également notre femme artiste autour de laquelle nous avons pu être questionnés et émus.
interaction« Les honneurs que j’ai la chance de vivre en étant à cette place dans une institution aussi importante que l’Unesco ne m’empêchent pas d’être très impressionnée par la vitalité et la force de votre espace, et je suis vraiment très fière d’être chez vous en contact avec un public très divers et de cette façon là »
MARS 2005
Les aventures de Mili
Une exposition de Mili Presman
Mili, artiste argentine est arrivée en France après un séjour en Espagne. Elle peint son exil, ce sentiment d’être ailleurs et là, le décalage obligé de celui ou celle qui découvre un pays dans le quel il va inscrire ses projets. La valise, objet récurrent de son œuvre a fait beaucoup parler. Cette exposition a été inscrite dans le fragile, l’émotion, la précarité de l’existence et nos différentes pistes pour y faire face. Faciles d’accès, les peintures de Mili ont touché des personnes peu ou pas du tout habituées aux arts plastiques. 360 personnes ont visité l’exposition.
MARS 2004
Création féminine
La place des femmes passe par la reconnaissance de leur talent.
A l’Ecume, des femmes auteurs, des artistes-plasticiennes exposent :
- « Femmes et exils » Expo peintures et dessins - Mars 2004 Halina Mennaï fait des portraits. Ceux qui sont sur la toile, nous regardent et ne nous laissent pas tranquilles. Ils sont d’Afrique ou du Maghreb. http://www.lesdiablesbleus.com/arti...
- Dalila Bessadi calligraphie la condition de la femme au Maghreb et ne mâche pas ses traits.
- Portraits de femmes écrivaines algériennes Mars - avril 2004 Jacques Dumont, photographe parisien, présentait en simultané des portraits de femmes originaires du Maghreb qui marquent en ce moment la littérature.
- Une soirée rencontre avec Cécile Oumhani, une des femmes auteurs photographiées par Jacques Dumont.
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